Le bonheur et l'amour, je le crois fermement, relèvent de la foi. Chez nous, on s’en fait une religion. Cette manie qu’on a de vouloir donner à tout prix un sens à sa vie…
Le bonheur et l’amour, comme la pornographie, tiennent du mythe. Moi je me contenterai, dans ma vie et dans mon lit, d'être humaine.
Ah, mais j’en ai connu des moments heureux! Et tous les jours encore...
Écrire une jolie phrase, tracer le portrait de ma mère au stylo, parler aux bêtes, défaire la braguette d’un garçon, acheter un vieux bouquin à deux dollars qu’on ne lira jamais, juste parce qu’il sent bon les pages rancies, le ranger dans le carton de livres qui sentent bons et en retrouver comme ça un autre qu’on avait oublier, chasser la poussière des peaux mortes après l’hiver, sentir que l'on comprend les gens mieux qu'ils ne se comprennent, remettre le paxil dans la pharmacie, n'en plus vouloir, se rappeler l’odeur de sa grand-mère, apprendre une chanson de Brel à la petite, faire des choses pour un autre plus que pour soi, glander, s’ennuyer 4 minutes par heure, dormir durant 100 ans.
Et qu'est-ce qu'on est content quand on le remarque, cet instant! Quand la crème fait un nuage dans l'allongé le matin et qu'on se dit «Tiens, ça c'est joli», et que ça nous fait sourire tout seul dans la cuisine, tout con.
Ah, mais j’en ai connu des moments heureux! Et tous les jours encore...
Écrire une jolie phrase, tracer le portrait de ma mère au stylo, parler aux bêtes, défaire la braguette d’un garçon, acheter un vieux bouquin à deux dollars qu’on ne lira jamais, juste parce qu’il sent bon les pages rancies, le ranger dans le carton de livres qui sentent bons et en retrouver comme ça un autre qu’on avait oublier, chasser la poussière des peaux mortes après l’hiver, sentir que l'on comprend les gens mieux qu'ils ne se comprennent, remettre le paxil dans la pharmacie, n'en plus vouloir, se rappeler l’odeur de sa grand-mère, apprendre une chanson de Brel à la petite, faire des choses pour un autre plus que pour soi, glander, s’ennuyer 4 minutes par heure, dormir durant 100 ans.
Et qu'est-ce qu'on est content quand on le remarque, cet instant! Quand la crème fait un nuage dans l'allongé le matin et qu'on se dit «Tiens, ça c'est joli», et que ça nous fait sourire tout seul dans la cuisine, tout con.
Passer des heures à chercher des images de bestioles sur Google et relancer Cœur de nougat, à qui aura la plus belle ou la plus drôle, souligner un passage dans un livre en me disant qu'il servira peut-être un jour, jouir sans honte et en riant, les jambes ouvertes, jouer à la pétanque le dimanche à l'île avec mes grands frères et la petite qui fait des bêtises, songer aux caresses d’un ancien amant et mouiller ma culotte, prendre un taxi à 4h du matin pour aller porter des médicaments à un garçon malade sans penser que bientôt ce sera fini entre nous, plonger mon nez dans ses cheveux, fermer les rideaux et retourner se coucher même s'il fait beau juste parce qu'on le peut…
Des fragments de vertiges pour combattre la banalité de la vie, comme autant de frissons offerts à ceux qui y portent suffisamment d’attention pour les ressentir.
Des fragments de vertiges pour combattre la banalité de la vie, comme autant de frissons offerts à ceux qui y portent suffisamment d’attention pour les ressentir.
Le bonheur, c'est pas la vie. Le bonheur, tout juste si c’est l'instant.


