mercredi, mai 21, 2008

Instantanés

Le bonheur et l'amour, je le crois fermement, relèvent de la foi. Chez nous, on s’en fait une religion. Cette manie qu’on a de vouloir donner à tout prix un sens à sa vie…
Le bonheur et l’amour, comme la pornographie, tiennent du mythe. Moi je me contenterai, dans ma vie et dans mon lit, d'être humaine.

Ah, mais j’en ai connu des moments heureux! Et tous les jours encore...
Écrire une jolie phrase, tracer le portrait de ma mère au stylo, parler aux bêtes, défaire la braguette d’un garçon, acheter un vieux bouquin à deux dollars qu’on ne lira jamais, juste parce qu’il sent bon les pages rancies, le ranger dans le carton de livres qui sentent bons et en retrouver comme ça un autre qu’on avait oublier, chasser la poussière des peaux mortes après l’hiver, sentir que l'on comprend les gens mieux qu'ils ne se comprennent, remettre le paxil dans la pharmacie, n'en plus vouloir, se rappeler l’odeur de sa grand-mère, apprendre une chanson de Brel à la petite, faire des choses pour un autre plus que pour soi, glander, s’ennuyer 4 minutes par heure, dormir durant 100 ans.

Et qu'est-ce qu'on est content quand on le remarque, cet instant! Quand la crème fait un nuage dans l'allongé le matin et qu'on se dit «Tiens, ça c'est joli», et que ça nous fait sourire tout seul dans la cuisine, tout con.
Passer des heures à chercher des images de bestioles sur Google et relancer Cœur de nougat, à qui aura la plus belle ou la plus drôle, souligner un passage dans un livre en me disant qu'il servira peut-être un jour, jouir sans honte et en riant, les jambes ouvertes, jouer à la pétanque le dimanche à l'île avec mes grands frères et la petite qui fait des bêtises, songer aux caresses d’un ancien amant et mouiller ma culotte, prendre un taxi à 4h du matin pour aller porter des médicaments à un garçon malade sans penser que bientôt ce sera fini entre nous, plonger mon nez dans ses cheveux, fermer les rideaux et retourner se coucher même s'il fait beau juste parce qu'on le peut…

Des fragments de vertiges pour combattre la banalité de la vie, comme autant de frissons offerts à ceux qui y portent suffisamment d’attention pour les ressentir.

Le bonheur, c'est pas la vie. Le bonheur, tout juste si c’est l'instant.

mardi, mai 20, 2008

Idées brouillonnes des mardis soirs qui avalent (pour rester dans le thème)

- "Le chauffeur avait les mains blanches les plus belles que j'ai vu de ma vie." Ça commencerait bien une histoire, cette phrase-là. Si seulement j’en connaissais la suite.

- ''Criss comment faire autrement quand tu es mal partout et bien nulle part? '', je vous le demande.

- Quand ça n'impressionne plus personne de vomir sur les souliers de son boss et qu'on en vient à bout de l'aide psychologique remboursée par les assurances du boulot, on entre en désintox. Mais quand on a déjà fait le coup de la cure, il reste quoi pour attirer l’attention? Un coma serait le bienvenu.

- Y’a plus moyen d'être original, même dans sa misère. On a tort de se croire spécial parce qu'on souffre. Rien ne ressemble plus à un chagrin d'amour qu'un autre chagrin d'amour, à une gueule de bois qu’une autre gueule de bois. Tout est banal et commun, à quelques nuances près de gris.

- Brel assimilait la maigreur morbide a l'honnêteté et moi j’ai 10 livres à perdre pour fitter dans mon maillot de bain. Verdad.

-Se quitter avant l'issue, c'est triste, mais bien plus intéressant que de s'ennuyer ensemble. Le désespoir, la mélancolie, la morbidité, ça donne de meilleures histoires, la drogue et l'alcool, de meilleures chansons... Pour le reste, y'a la chick lit de Raphaëlle Germain.

- La littérature est remplie de salauds magnifiques; Bukowski, Gutierrez, Céline... Ça manque cruellement de grandes salopes, trouvez pas ?

- Quand Pedro Juan Gutierrez, dans son plus récent Nid de serpent, décrit sa jeunesse à Cuba dans les années 60 à fourrer des vaches dans les champs faute de femmes, moi ça me donne le goût d’être zoophile rien que pour savoir écrire comme lui. Mais je ne suis pas certaine que ce soit lié.

- Mon grand frère a eu une faiblesse cardiaque la semaine dernière, et j'ai pensé alors que je ne souhaitais rien de plus au monde que d'avoir 8 ans à nouveau et d'aller rejoindre ma mère dans son lit et que papa nous fasse des crêpes pour déjeuner le dimanche.

- L'attrait de la rock star, c'est avant tout l'attrait de la muse, la fille pour qui on écrit le chef-d’œuvre, la Suzanne de Cohen. Pareil pour l’attrait envers les auteurs. J’en ai déjà parlé quelque part, ce désir de le rendre complètement dingue pour m'assurer un personnage d'hystérique dans un futur roman pour lequel on donnera 3 étoiles et demi dans les pages du Voir, faute d'avoir assez de talent pour l'écrire moi-même. Mon destin tragique, c’est que je n'en pincerai jamais pour un chauffeur d'autobus, à moins qu'il ne fasse apparaître mon nom en lettres lumineuses à la place de «801 Métrobus en direction de Ste-Foy». Ça flasherait tellement plus, «Alice Méthot en direction de nulle part».

dimanche, mai 18, 2008

Been there, fucked that, gave away the t-shirt


You suck.
Tu suces pas comme dans Hmmm oh oui plus de salive encore ouh c’est bon.
Non.

You suck comme dans skull-fucking, quand une main sadique t’exerce une pression sur la tête pour te l’enfoncer au plus profond, comme quand une énorme queue pourpre te heurte la luette et que tu vomis un petit peu dans ta bouche ou que tu t’étouffes la gueule pleine de couilles, you suck comme dans une pipe-râteau délivrer mollement avec tes dents d’en avant tachées de vin cheap qui écorche la peau fragile d’un gland pourri, comme quand le goût de dick cheez d’un pénis salé de vieille pisse te donne la nausée et que l’odeur te pogne au cœur, comme quand tu te retires un moment pour reprendre ton souffle et que tu reçois sans t’y attendre le jet brûlant du sperme en plein dans le globe oculaire, you suck comme quand l’infirmière du CLSC Basse-Ville t’annonce que t’as chopé une gonorrhée dans le fond de la gorge.

You suck bad. Really bad.

mercredi, mai 14, 2008

Constats des mercredis matins qui sucent

Neil Bailey


- J’avais raison, vous aviez tort. Bien fait pour vous, bande de romantiques. Ça m’apprendra à vous faire confiance et à me montrer vulnérable. On ne m’y reprendra plus.

- Facebook, c’est bien utile pour les booty-call pokes.

- Trop de gens lisent Raphaëlle Germain et trop peu lisent mon blogue, mais comment leur en vouloir?

- Si mon blogue craint autant, c’est probablement parce qu’au lieu d’écrire j’écoute des épisodes d’America’s Next Top Model sur youtube.

- Je serais définitivement la St-Jean-Baptiste’s Next Top Model si je ne mesurais pas 5 pieds.

- Les Brain Zaps post-paxil, ça paraît plus le fun en théorie qu’en pratique.

- Le Red bull, ça rend dépendant. Boooooon, une autre affaire…

- Les gens qui disent qu’il fait trop beau dehors pour rester à l’intérieur, je les emmerde. Non mais, what’s up with that shit?! Checkez-moi ben fermer les rideaux et retourner me coucher.

mardi, mai 13, 2008

A new day has come, dirait Céline

www.nataliedee.com


Il y a deux ans, au joli mois de mai, l’Ex m’assassinait à coups de C’est fini dans le cœur.
À pareille date l’année suivante, j'entrais en cure de désintoxication.
Cette année, je le sens, je le sens bien, mai sera le mois du gros bonheur sale dégoulinant… Can you feel it too?

Puisque j’ai recommencé à boire (pas de panique maman, tout est sous contrôle pour l'instant) (c’est tu weird, vous pensez, que l’Ex s’inquiète plus de ma consommation d’alcool que ma mère?), il fallait que j’abandonne une autre mauvaise habitude, question de faire la balance dans mon corps maltraité. Évidement, le bon sens voudrait que j’arrête de fumer. Ça va de soi, n’est-ce pas?
Non.
J’ai plutôt arrêté les antidépresseurs.

Hop hop! À moi les émotions fortes, les sautes d’humeur, l’irrationalité, fini l’indifférence crasse et le cynisme, sortez vos capines à visières les gensses, je m’en vais vous éclabousser du vrai de vrai feeling dans la face!

Je suis tellement heureuse de ma décision que si je ne me retenais pas, je ferais de l’abus de ponctuation en ajoutant 2-3 point d’exclamations de plus à la fin de ma phrase!

M’enfin, pour le moment je ne suis qu’en sevrage, que je porte fort vilainement, il faut en convenir. J’ai des nausées et des étourdissements, mes dents résonnent dans mon cerveau (allez savoir pourquoi, je pogne des ondes radiophoniques dans mes palettes), j’ai un bad-face-day à longueur de semaine… -soupir-

La sobriété, je l’ai dit souvent, est un inhibiteur d’émotions. Ajoutez à cela 5 ans de paxil et vous avez, je vous le donne dans le mile, la Malice. J’ai hâte de m’en débarrasser, de celle là.

samedi, mai 10, 2008

You never call when you say you will

jeudi, mai 08, 2008

16h30

Il est 16h30. Il est constamment 16h30.

16h30, cet instant tragique de la journée, alors que le dernier article pop-up enfin à l’écran, de retour de la correction et à grand coup de ding dong dans votre boîte à courriels, alors que, calotte callée sur la tête, vous vous apprêtiez à enregistrer les précieux documents dans vos dossiers finaux et à décâlisser du bureau pour courir vers la sieste attendue depuis votre réveil avant d’aller ridiculeusement (vous devriez nous voir) vous saucer le gros orteil dans l’eau glacée de la piscine municipale, maillot saillant façon Baywatch meets Limoilou, moue de mauvaise foi totale à l’appui, pour ce qui vous semble être une cent-millième session d’aquaforme extrême en compagnie de votre suave belle-sœur, quand soudainement l’ordi décide d’y aller d’un back-flip freestyle genre bug de l’an 2000 puissance 9/11 et du même coup de ruiner les quelques derniers espoirs de réconciliation civilisée entre vous et la technologie...

Il est toujours 16h30 pour quelqu'un quelque part, dans un bureau sans fenêtre.